Revendications à l’égard de Credit Suisse et d’UBS

Dans leur rapport aux droits humains, les grandes banques suisses ressemblent à un avion aveugle volant sans boussole. Pour cette raison, la Déclaration de Berne demande à Credit Suisse et à UBS de:

  • Formuler une directive générale en matière de droits humains. Ce document devrait permettre d’attester du fait que la banque prend ses responsabilité en matière de respect des droits humains dans tous ses domaines d’activité, ce qui suppose une étude d’impact préalable des activités sur les droits humains.
     
  • Concrétiser cette directive en établissant des standards détaillés. Dans toutes les branches où des infractions aux droits humains sont constatées régulièrement (l’industrie minière, pétrolière ou l’agro-industrie), des lignes directrices sectorielles devraient être développées, ou les standards existant devraient être revus en profondeur. Ces standards doivent se focaliser explicitement sur le respect des droits humains et ne pas se contenter d’évoquer, en termes généraux et peu spécifiques, des "risques sociaux".
     
  • Publier leurs directives et leurs standards. Jusqu’à présent, aucune des deux grandes banques n’a publié ses directives sectorielles et ses standards, ce qui signifie que le public est condamné à croire les banques sur parole. Les standards en matière de droits humains ne sont pas des informations sensibles, dont la publication pourrait compromettre les affaires des banques ou les désavantager face à leurs concurrents. Au contraire, leur publication permet plutôt aux banques de se positionner clairement dans le débat sur leur contenu et leur effectivité, au bénéfice d’un dialogue constructif avec leurs actionnaires.
     
  • Mettre en œuvre leurs directives et leurs standards en matière de droits humains, par une étude sérieuse et professionnelle de leurs activités et de leurs conséquences en matière de droits humains. Les mécanismes incitatifs et le système de rétribution (bonus) devraient être configurés de façon à ne pas décourager la mise en œuvre sérieuse des standards déterminés en termes de droits humains. Afin que Credit Suisse et UBS remplissent correctement leurs devoirs à l’égard du respect des droits humains, il est impératif qu’elles prennent au sérieux les voix des défenseurs des droits humains et des victimes de leur violation.